Décembre 1968

Dans ma relative solitude, je recherchais avidement la communion fraternelle. Outre le culte du dimanche matin, il m’arrivait de prendre le train de 18h30 (dès la sortie du travail à 18h) pour assister à la réunion de prière à Bertrimoutier à 60 kilomètres de là et rentrer au train de 23h30.
J’ai encore en mémoire la prière d’un cher frère : -Seigneur, accorde-nous un ciel ouvert !
Je m’inscrivis aussi à des week-ends bibliques à la Ligue Pour la Lecture de la Bible, à Guebwiller, où je rencontrai des chrétiens parfois aussi esseulés que moi. J’étais très friand de tout ce qui pouvait nourrir mon âme sous-alimentée.
J’eus aussi le privilège d’emprunter la salle des Mennonites et d’inviter l’évangéliste Tran Thuyen...

Bwana asifiwe !

Vous connaissez sans doute l’histoire de ces jeunes qui participent pour la première fois de leur vie à une réunion d’évangélisation, où l’esprit de Dieu agit ce jour-là puissamment. Il y eut un appel, mais ils restèrent de marbre. Des années plus tard ils se rencontrent et parlent de cette réunion. L’un dit : « Ce soir-là, j’aurais bien pris la décision de me lever pour suivre Christ mais je n’ai pas osé, me demandant si cela ne te choquerait pas. » L’autre dit : « Bizarre, j’avais la même idée mais je ne l’ai pas fait à cause de toi. »

Le ministre américain Kissinger, en parlant du Vietnam, disait : « Si nous ne combattons pas, tout s’écroulera comme un château de cartes et tombera sous un régime totalitaire...

Le sanctuaire de Dieu (2)

Malgré la promesse d’éclosion de ces jeunes pousses, à l’automne 1968, la situation était très loin d’être aussi glorieuse que celle mentionnée dans la 1ère partie de mon récit.

L’un de nos jeunes : Ramon (la vingtaine), était venu me trouver:
– André, Dieu a parlé à mon cœur, me montrant quelque chose que je dois faire mais j’ai peur de me tromper… Voudrais-tu prier pour moi afin qu’il te confirme ce qu’Il m’a dit ?
– Très bien, et que t’a-t-il demandé, l’interrogeais-je ?
– Ah, ce serait trop facile ! Il faut que ce soit le Seigneur qui te le montre. Je viens samedi prochain chez toi et en fonction de ce qu’Il t’a confirmé, je ferai ce qu’Il t’a dit.

Waouh, quelle responsabilité ! Il s’agit de l’avenir de ce garçon que j’apprécie, il me faut...

Le sanctuaire de Dieu (1)

A Londres pendant la 2ème guerre mondiale, abrité sous un ensemble de bâtiments administratifs, se trouvait un vaste quartier général souterrain, comprenant plus de 150 pièces toutes quotidiennement utilisées.
Winston Churchill l’appelait « le lieu secret », d’autres « le trou ».
On pouvait y trouver, entre autres, toutes les cartes du monde, la grande pièce des ministres dans laquelle tous les stratagèmes ennemis étaient examinés et analysés par les meilleurs savants en la matière. Les immenses standards téléphoniques donnaient sur des lieux encore plus secrets où les grands chefs, généraux, amiraux, scientifiques, communiquaient avec leurs homologues alliés. Toute cette activité souterraine contribua à la victoire finale des Alliés en  1945 (1).

J’ai, pour ...

Amasser…

Lors des repas de famille de certaines maisons aisées, vous vous apercevrez qu’il y a toujours une assiette de plus. Si vous en demandez la raison, on vous répondra que c’est « l’assiette du pauvre ».
Chez mes parents il y avait aussi cette assiette mais elle accompagnait un pauvre.

Au repas de famille, il y avait Gustave, un veuf, né avec un bec de lièvre. Il était maraicher, marié à Suzanne disparue trop tôt. Au début de leur mariage, mes parents habitaient en face de son jardin maraicher où tout était impeccablement aligné et sans mauvaises herbes. N’ayant jamais eu d’enfants, c’est bien volontiers qu’il m’accueillait...

Pourquoi le désert (2)

Ça y est, je suis dans le train Tizi-Alger : un long voyage de 4 heures à l’époque. Je suis apparemment le seul européen dans ce train bondé, avec mon « barda » pour 2 mois et demi. Un gros sac avec toutes mes affaires militaires, un sac à dos avec sous-vêtements, produits d’hygiène et un porte documents dans lequel j’emmène toujours divers livres et ma Bible. J’ai aussi mon arme qui heureusement est une carabine US légère et mes munitions.
Dans mon compartiment, sept autres voyageurs plutôt âgés, enturbannés. Je ne suis qu’à moitié rassuré et tiens ma carabine entre mes jambes de peur que…
Ils se montrent aimables avec moi, me questionnent sur ma destination, pourquoi je suis seul, etc. Bref, un voyage somme toute plaisant.

Nous voici arrivés à Alger...

Pourquoi le désert (1)

Hier soir, un de mes petits-fils m’appelle au téléphone et me parle de mes « aventures » qu’il lit, comprend (ouf !) et il me donne son sentiment sur tel ou tel récit qui lui a parlé (re-ouf, c’est le but !). Quel délicieux dialogue ! A un moment il me dit : – Veux-tu que je prie pour toi ? Pour que le Seigneur t’inspire, pour que tes textes nous fassent du bien ! .
Certes j’en ai bien besoin… Je voudrais tellement mettre l’accent sur la Grandeur, la Sainteté, la Beauté, l’Amour du Seigneur et non sur ma minable personne, qui sans Lui, a si peu de choses à offrir. Sa voix ferme et juvénile me fait du bien. Il rajoute : – Mais au fait, tu n’as pas raconté encore celle où tu étais dans une gare routière, tout seul. Il faudrait que tu la racontes !
Tu as raison ...

Être résolu !

Ma lecture de ce matin porte sur 1 Thessaloniciens 4 :3-5. Quelle richesse !

Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification ; c’est que vous vous absteniez de l’impudicité; c’est que chacun de vous sache posséder son corps dans la sainteté et l’honnêteté, sans vous livrer à une convoitise passionnée, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu.

En 1959 je n’avais pas connaissance de ce texte, hélas ! J’avais une bible mais pour moi, c’était alors un livre fermé, un peu indigeste, réservé aux érudits.
J’avais pourtant essayé un peu, mais bien vite, je m’étais empêtré dans le livre du Lévitique avec ses lois, ses holocaustes, ses sacrifices, ses offrandes, ses règlements, ses fêtes, ses bénédictions et malédictions, etc...

Le prix d’une âme

Ah, la mamie du 3ème étage de notre maison… Je vous ai déjà parlé de Mme Guichard, notre « équeuteuse » de haricots et notre « écosseuse » de petits pois. Une pauvre femme dont le mari, prématurément décédé, avait peu cotisé pour sa retraire la laissant veuve et sans ressources.
A la fin des années 1950, elle ne vivait qu’avec la pension des « économiquement faibles », soit 1 franc par jour. Son médecin et le nôtre, le docteur Bichat, homme au grand cœur, ne faisait jamais payer ses visites et lui offrait les médicaments sans doute donnés par les marques. Comment d’ailleurs aurait-elle pu les payer ?

Une femme ordinaire, qui vit sans bruit, qui ne se plaint jamais, qui ne demande rien...

La reconnaissance

La visite à des mamies est parfois surprenante, amusante, enrichissante. Voulez-vous que je vous en raconte quelques-unes ?
Merci de m’accompagner chez cette mamie dont j’ai perdu le nom, mais est-ce important ?
Elle habite une maison historique du vieux Lunéville, datant du XVIIIe siècle je crois. Je n’ai jamais vu de tels couloirs, très grands, très sombres. Je me revois marcher sur une sorte de passerelle qui conduit aussi à l’immeuble voisin. Brrr, que c’est sinistre !
Enfin j’arrive au dernier étage. La mamie est là. Elle ne sort plus depuis bien longtemps et accueille ses visiteurs avec une joie non-dissimulée. C’est un petit bout de femme énergique, 87ans je crois, avec le visage rond de pomme ridée et des yeux rayonnants...