Archives mensuelles avril 2020

L’Éternel l’en délivre à toujours !

Psaume 34 v 20 : « Le malheur atteint souvent le juste… »

À peine incorporé dans mon régiment à Toul, un paquetage kaki nous fut remis à chacun. J’ai alors compris le sens du mot « uniforme » : tous pareils. Il nous fut demandé de le repasser : plis au pantalon et en forme de triangle renversé dans le dos de la veste, pointe en bas…Quel problème pour moi qui n’avait jamais repassé de ma vie, maman se réservant ce travail. Mais ouf !! dans ma chambré, un de mes camarades avait un fer à repasser électrique. En s’aidant à plusieurs pour bien s’appliquer à faire les plis, tout devrait bien se passer car dès le lendemain, il y avait présentation et revue des compagnies par le colonel commandant le régiment...

Rien au dessus de nos forces

La vie, dans cette caserne de Toul ne fut pas facile. La plupart d’entre nous étant destinés à partir pour l’Algérie, nous étions préparés en vue des dangers que nous allions sans doute rencontrer.

Lorsque nous étions de garde, un adjudant, ancien d’Indochine, se plaisait par ruse à surprendre la sentinelle et par des techniques de guérilla, de la culbuter et lui subtiliser son arme ; le tout assorti d’une substantielle sanction, bien entendu.

Nous devions fréquemment nous lever très tôt, être à 5 heures du matin sur un terrain lointain et accidenté pour « ratisser » une colline ou un thalweg où des embuscades nous étaient tendues par d’autres sections afin de nous surprendre ; ou mener des « combats » de nuit qui se terminaient à 2 ou 3 heures du matin peu avant le réveil habitu...

Les conséquences de nos inconséquences !

C’est à Toul, à 60 km du domicile familial, que j’ai été appelé pour effectuer mon service militaire, le 3 mars 1961.
La vie dans mon régiment « le train » était très rude. C’était un régiment semi disciplinaire car nos prédécesseurs, dans un moment de révolte, avaient m’a-t-on dit, défilé la crosse en l’air, signifiant leur refus de se battre. La riposte n’avait pas tardé: perte de la fourragère (ornement d’honneur sur la tenue militaire de sortie) et une discipline draconienne dont le moindre écart était sanctionné par une punition disproportionnée, souvent injuste et cruelle.
L’appel, à 22heures après l’extinction des feux, était un moment fort redouté.
Dans chaque chambrée, chaque militaire devait être couché dans son lit sauf un qui variait chaque semaine...

Le repos céleste

Dans notre tente, chacun allongé paresseusement sur son lit, quelles étaient longues ces journées consignées ! Que faire? Écrire, lire, compter les heures

Dans Sa grâce, Dieu m’avait heureusement accordé ce camarade poète d’une grande sensibilité, et nos conversations fort agréables contrastaient des discours pessimistes (il est vrai que la situation tragique dans laquelle nous vivions ne nous portait pas à l’optimisme) et des paroles grivoises des autres camarades de notre tente.
Tout à coup, coupant notre conversation, de tonitruantes rafales d’armes automatiques trouèrent l’atmosphère. Étions-nous visés ?
Les rafales me parurent si proches que je craignis tout de suite pour la vie de mon compagnon alangui sur sa couche du haut...

Avoir un bon témoignage

L’époque était terrible et je ne souhaite à personne de vivre des moments comme ceux-là. C’était en Avril 1962, un peu avant l’indépendance de l’Algérie. Une haine affreuse enlaidissait beaucoup de gens de 2 communautés à cette époque. J’avais remarqué que cette haine était presque palpable et constatée que nous ne sommes pas programmés pour haïr, mais pour aimer.
Juste à l’entrée du  » groupe laïque, » un établissement sportif que l’armée avait réquisitionné et occupé, une sentinelle armée gardait notre cantonnement dans une guérite. Un piéton marchait sur le trottoir à proximité de ce garde, une voiture passa et abattit l’innocent piéton d’une rafale d’arme automatique, simplement parce qu’il était d’une autre race que les tueurs...

Mauvaise conscience

Dieu dit un jour à Ezéchiel : « Vois-tu ce que font dans les ténèbres les anciens de la maison d’Israël, chacun dans sa chambre pleine de figures ? Car ils disent : l’Éternel ne nous voit pas » (Ezéchiel 8 v 12)
C’est le 1er jour des vacances de Pâques confinées. Et après le texte sérieux sur la croix qui nous incite à l’émerveillement devant le puissant Amour du Seigneur, mort pour chacun de nous. Attaché à la croix pour moi, il a pris mon péché, il m’a racheté.

Aujourd’hui, une histoire que je pense être véridique. Je l’ai lue avec ravissement dans  » Hamid, le petit Marocain  » paru en Français en 1985.
Une missionnaire anglaise, infirmière de son état, s’occupe d’un jeune mendiant marocain appelé Hamid, âgé de 11 ans.
Tous les soirs, elle l’accueille, avec d’a...

La croix

Qu’est-ce que la croix ?
Il s’agit d’une torture, d’une méthode d’exécution empruntée aux Perses durant l’antiquité, pratiquée et développée par les Romains à partir du IIème siècle avant J.C. et pendant plus de 5 siècles Ainsi, lors de la révolte de SPARTACUS, 6000 esclaves furent crucifiés en 73/71 avant J.C. L’historien Flavius Joseph témoigne de 500 supplices de la croix par jour lors des révoltes juives contre les Romains en 66 et 70 de notre ère.

Une partie de la croix était déjà plantée sur le lieu de l’exécution « les stipes » et l’autre partie, emmenée directement par le condamné, appelée « Patibulum » pesait entre 20 et 40 kg...

Qui nous fera voir le bonheur (3) ?

Nos petits plaisirs en famille étaient très simples. Il y avait le jardin: labourer, planter, arroser, tuer les doryphores( travail des garçons, le jeudi, jour vaqué à l’époque), récolter, donc confectionner les conserves de légumes (maman confectionnait 52 bocaux de haricots, un pour chaque dimanche), les conserves de fruits (pour la salade ou les tartes maisons) sans oublier les fraises en bocaux (pas de congélateur à l’époque!) pour les glaces, et les confitures.
Équeuter les haricots ou écosser les petits pois était une fête. Nous invitions à chaque fois, une voisine du 3ème étage, Madame Guichard, veuve de 84 ans aux ressources plus que limitées (pas de RSA à l’époque et le mari avait peu cotisé pour sa retraite)...

Qui nous fera voir le bonheur (2) ?

Trois maisons après la nôtre, imposante mais modeste, se dressait la maison de l’ingénieur de l’usine, bâtisse de maître avec un étage et un vaste grenier.

Cette imposante demeure entourée sur le devant par un muret surmonté de grilles forgées vertes dont le portail à double battant s’ouvrait sur une vaste cour avec des allées semées de petits cailloux et de chaque côté, une partie pelouse où se dressait un if imposant et sur la gauche, un garage. Derrière la maison se trouvait un grand espace bordé sur le côté gauche d’un grand saule pleureur sous lequel se trouvaient tables et chaises. Il s’amusait à nous envoyer des gouttelettes de bave à la belle saison.

Des escaliers nous conduisaient en descente vers un assez grand jardin que j’ai toujours connu en friche...

Qui nous fera voir le bonheur ?

Mes grands-parents Eugène et Marie avaient 5 enfants. Ils habitaient une toute petite maison, accolée à d’autres, près de l’église d’un village dont le nom lui avait été suggéré par Stanislas Letzinski duc de Lorraine, ancien roi de Pologne détrôné. Sa fille Maria Leczinska  , fut mariée au roi de France Louis XV dans le but de rattacher la province de Lorraine au royaume de France, à la mort de Stanislas son père.

Auparavant, Stanislas, en tournée sur cette hauteur dominant la ville où il résidait dans un vaste château construit par Léopold son prédécesseur, admira le panorama et s’exclama : « C’est une jolie vue ». C’est ainsi que le village fut baptisé Jolivet.

La maison de cet ouvrier d’usine, achetée sou après sou, ne comportait qu’une grande cave par laquelle...