Le sanctuaire de Dieu (1)

A Londres pendant la 2ème guerre mondiale, abrité sous un ensemble de bâtiments administratifs, se trouvait un vaste quartier général souterrain, comprenant plus de 150 pièces toutes quotidiennement utilisées.
Winston Churchill l’appelait « le lieu secret », d’autres « le trou ».
On pouvait y trouver, entre autres, toutes les cartes du monde, la grande pièce des ministres dans laquelle tous les stratagèmes ennemis étaient examinés et analysés par les meilleurs savants en la matière. Les immenses standards téléphoniques donnaient sur des lieux encore plus secrets où les grands chefs, généraux, amiraux, scientifiques, communiquaient avec leurs homologues alliés. Toute cette activité souterraine contribua à la victoire finale des Alliés en  1945 (1).

J’ai, pour ma part, toujours été étonné de la proximité que le Seigneur désire avoir avec nous. Jésus dira :
Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. (Jean 15 v. 15).
Lorsque ma santé et mon âge me permettaient d’aller dans la rue pour interpeller les passants et leur parler du Sauveur, il parlait à mon cœur et me disait :
Lorsque tu mets ta main sur l’épaule de quelqu’un, je mets la mienne sur la tienne qui n’est que poussière; la mienne a été percée par les clous, elle est bénissante et puissante. 
Plusieurs fois, j’ai senti la tristesse de son cœur : – Je désire partager mes trésors avec les humains, mais il y en a si peu qui sont disposés à m’écouter. 
Suis-je disposé à être à son écoute ? Car le Seigneur l’Éternel ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes.  (Amos 3 v. 7)

Nous sommes à l’automne 1968. Depuis quelques années, j’ai organisé des petits cultes dans mon garni. Nous nous retrouvons pour un moment de partage de la parole, suivi d’un petit repas très simple et d’un après-midi récréatif où le chant tient une très grande place, ainsi que l’amitié fraternelle.
Précédemment, rassemblant quelques jeunes intéressés par la parole de Dieu, je me demandais comment nous réunir pour nous faire du bien. A la maison, ce n’était pas possible, Papa ne supportait pas ces paisibles envahisseurs. Alors, chaque dimanche, nous allions à vélo dans la proche forêt de Mondon et nous nous réunissions à quelques-uns, comme Saint-Louis, sous un gros chêne. Là, assis par terre, nous partagions mes maigres connaissances glanées ici et là.
Nous appelions cet endroit notre « cathédrale de verdure », et priions de tout notre cœur pour que la pluie ne gâche pas notre culte ni ne mouille nos bibles… Petits, mais heureux commencements ! Et il n’a jamais plu au cours des nombreux cultes de notre « cathédrale !
Maman m’avait trouvé un garni bon marché, à mi-chemin entre mon bureau et son logement.
– Comme ça tu reviendras manger midi et soir à la maison, mais en même temps, les dimanches, tu feras ce que tu veux !
Son idée était très bonne. Faire ce que je voulais… j’avais, semble-t-il, le désir de faire ce que le Seigneur voulait.

Un couple de mes amis, nouvellement mariés, décida de s’installer dans ma ville. Ils se proposèrent, ô bonheur, de tenir des réunions de prière chez eux.
A l’une de ces réunions, un jeune couple d’artisans-vannier qui résidait à 25 km de là, nous exposa leur dilemme :
– Notre carnet de commande est vide, il ne nous restait plus que 100 francs pour boucler le mois. Ce soir nous avions le choix : acheter pour 100 francs de carburant et venir à la réunion ou garder cette somme pour subvenir à nos besoins… Nous avons fait le choix de venir mais si Dieu ne répond pas, nous ne savons pas de quoi demain sera fait.
Quelle intercession magnifique dans ce « lieu secret », ce « sanctuaire » au bénéfice de ce couple tout nouvellement converti. Je rappelai au Seigneur ses promesses évoquées par David : « J’ai été jeune, j’ai vieilli, et je n’ai point vu le juste abandonné ni sa postérité mendiant son pain. » (Psaumes 37 v.25)
Le lendemain, pour notre plus grande joie, ce couple nous appris une excellente nouvelle : au matin, un grossiste les avait sollicités pour leur passer la plus grande commande jamais reçue depuis qu’ils exerçaient cet emploi !
N’avaient-ils pas bien fait de rechercher la communion fraternelle et surtout la communion céleste ?

Nous avons au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire.
Hébreux 10 v.19
Si je disais : je veux parler comme eux (les méchants), voici je trahirais la race de tes enfants. Quand j’ai réfléchi là-dessus pour m’éclairer, la difficulté fut grande à mes yeux, jusqu’à ce que j’aie pénétré dans les sanctuaires de Dieu.
Psaumes 73 v.15-16

 

-André

 

(1) Source: B. Clark,  dans Trésor Quotidien du 8 mai 2020