Dieu parle par Israël

La lecture du jour m’interpelle. Il s’agit du chapitre 6 du livre des Juges (de la Bible). Je remarque la crainte des Israélites face à Madian. La tristesse de Dieu de voir son peuple qui l’adore, mais qui prie aussi des dieux païens. Il pense : « On ne sait jamais, ils peuvent être utiles ! ».
Le verset 10 souligne toute la tristesse de Dieu parce qu’Israël a le cœur partagé entre Lui et les idoles. « Je vous ai dit : Je suis l’Éternel votre Dieu : vous ne craindrez point les dieux des Amoréens dans le pays duquel vous habitez. Mais vous n’avez point écouté ma voix. »
Quelle déception ! Ceci explique la conséquence du verset 2 « La main de Madian fut puissante contre Israël. »

Il est certain que, quand Dieu rencontre un peuple ou un homme au cœur partagé … rien ne va plus, plus rien n’avance : que peut-on faire avec la moitié d’une-barque ?

Dans le cantique de Moïse (Deutéronome 26 v.15b à 17) « Il (Israël) a abandonné Dieu son créateur, il a méprisé le rocher de son salut. Ils ont excité Sa jalousie par des dieux étrangers. Ils l’ont irrité par des abominations. Ils ont sacrifié à des idoles qui ne sont pas Dieu, à des dieux qu’ils ne connaissent point. »

Sa jalousie, c’est Son Amour à 100% qui ne rencontre qu’un amour à 50%, et l’épreuve de Madian pour Israël n’est qu’une expression de Son Amour pour faire revenir ce peuple rebelle à la repentance, à l’abandon des idoles, à l’Amour non partagé afin qu’il retrouve sa vocation initiale du plan de Dieu : être un phare, une lumière pour les nations, pour les interpeller. Pour se faire, Gédéon « le vaillant héros » (Juges 6 v.12) qui se sent bien faible, doit détruire l’idole de Baal de son père Joas (verset 25-26) puis bâtir, sur le haut de ce rocher, un autel à l’Éternel et offrir un holocauste avec le bois de l’idole abattue … avant de vivre de glorieuses victoires.

Je me revois en août 1968. Désireux de me former et d’être utile, je m’engageai dans un mouvement de jeunes et d’évangélisation : « Opération Mobilisation » fondé par Georges Verwer, que j’ai rencontré en Belgique à Zaventem pendant les jours de préparations, et qui m’a fortement impressionné. Me voilà dans l’équipe de Neuilly-Plaisance dans la région parisienne. Un jour, le chef d’équipe nous propose d’aller chanter dans une brasserie sur Paris. Avec l’accord du patron, nous chantons dans cette brasserie ouverte vers l’extérieur, elle est comble en cette période de Canicule. Après quelques chants en anglais, le meneur me dit : « André, chante-nous quelque chose en français. » Je ne me fais pas prier mais personne ne semble s’intéresser à mon chant. Je vois des joueurs de cartes, les yeux rivés sur leur jeu… Il y a de quoi se décourager… Nous quittons les lieux, un peu dépités, cela en valait-il la peine ? Nous faisons une vingtaine de mètres quand tout à coup, quelqu’un frappe sur mon épaule. C’est un des joueurs de cartes :
– Je vous ai écouté chanter tout à l’heure… je dois vous dire que je suis interpellé par Israël. Comment un si petit pays, qui sort de la Shoah, qui a contre lui une armée 10 fois plus nombreuse, peut-elle leur résister si Dieu n’est pas avec lui ?

Je réalise alors que ce n’est pas parce que les gens semblent ne pas écouter, qu’ils n’entendent pas … et également que par Israël, « cette pierre pensante pour tous les peuples » (Zacharie 12 v.3), Dieu parle encore aujourd’hui. Ce jeune homme, un élève gendarme, désirait lire la Bible mais n’en possédait pas. Je n’ai pas manqué de lui en envoyer un exemplaire.

Le roi de Prusse, Frédéric II le Grand du XVIIIe siècle, type parfait du « despote éclairé », ami des lettres, écrivain se piquant de philosophie, attira autour de sa résidence « Sans souci », Voltaire et de nombreux savants français. Il rédigea d’ailleurs des Mémoires en français. Il était un jour à la chasse et s’adressant à son chapelain, il lui dit :
– Pasteur, pourrais-tu me prouver l’existence de Dieu ? Mais attention, pas de théologie, pas de baratin, du concret. Dis-moi tout ça en quelques mots !

Aïe, que répondre ? Le chapelain se concentra, pria et répondit enfin à Frédéric II le Grand, qu’on appelait aussi « l’Unique », une réponse unique :

– Israël, Sire !

Eh oui, Israël est la preuve de l’existence de Dieu. Là, vous verrez Bethléem où il est né, Nazareth où il a vécu, Chorazim et Bethsaïda où il fit tant de miracles (Matthieu 11 v.21), la Via Dolorosa où il a marché, le lieu du crâne où il a été crucifié.

Mon papa aussi était interpellé par Israël, et c’est curieux, il utilisait les mêmes arguments que cet élève gendarme, ce qui m’encouragea à penser que Dieu avait les moyens de toucher un jour pleinement son cœur. Je méditai sur ces choses. Seigneur, aide-moi à être tout à toi, pour que tu aies l’entière liberté de te servir de moi pour que le monde te découvre à travers ce que tu es en moi.

 

-André

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