Dans les Alpes (1) : secoué mais secouru

J’apprécie la lecture du recueil de méditations d’Aiden Wilson Tozer (1897 – 1963), « Renouvelé de jour en jour » et me suis tout naturellement intéressé à sa vie. Voici comment il devint chrétien.

Un après-midi, alors que le garçon rentre chez lui après son travail chez Goodyear, il entend les paroles d’un prédicateur de rue :
– Si vous ne savez pas comment être sauvé, remettez-vous simplement à Dieu.
Arrivé à la maison, il monte les escaliers et entre au grenier. C’est là que ce jeune homme de 17 ans se convertit au Seigneur Jésus-Christ. Les moyens de Dieu sont illimités, quand il trouve un cœur bien disposé. Chaque rencontre avec le créateur est différente, voici la mienne.

Une lettre de mon ancien aumônier militaire, Marc Atger, m’apprend qu’un camp de jeunes a lieu en août 1963, à Saint-Gervais-le-Fayet, dans les Alpes pendant 15 jours. Il est organisé par un mouvement chrétien appelé Jeunesse Ardente. Je suis attiré par le fait qu’il se trouve dans les Alpes – région que je ne connais pas. Après m’être inscrit, en juillet, je reçois une lettre de mon frère d’armes, Amar Hafid. Il m’informe qu’il vient en France et désire passer un moment avec moi chez mes parents. Aïe … sa visite, à un ou deux jours près, coïncide avec la date du camp. Que faire ? Je l’invite alors à venir au camp avec moi, ce qu’il accepte volontiers. Ça y est, nous sommes à la gare de Saint-Gervais-le-Fayet, où le pasteur Johnson vient gentiment nous chercher. Nous logeons dans une vieille ferme, dans un site remarquable, avec vue sur le Mont-Blanc. Quelle merveille ! S’est-elle créée toute seule ?

Plusieurs choses m’ont marqué durant ce séjour.
D’abord le témoignage de Peter, missionnaire américain au Zaïre. Il nous raconta ses difficultés d’adaptation dans cette région inhospitalière, avec de gens peu réceptifs. Une nuit, alors qu’il est en tournée d’évangélisation dans la brousse, on le réveille : – Il faut que tu rentres immédiatement, ton garçon (un ado je crois me rappeler) vient de décéder…
Il rentre aussi vite que possible, chargé, on le devine, d’un lourd poids de tristesse. Mais Dieu le soutient, et malgré l’immense peine qui cherche à l’immerger, il ressent le puissant réconfort de Dieu. A tel point que les indigènes, surpris par la sérénité et la paix dégagées par les parents pendant et après l’enterrement de leur enfant, viennent le trouver:
– Tu nous as parlé, nous t’avons écouté et maintenant, nous avons vu par ta conduite que tout ce que tu nous as dit est vrai !
Suite à ce décès, nous raconte-t-il, au moins 60 personnes se sont engagées pour le Seigneur dans cette région considérée comme aride spirituellement. A partir de ce moment, une grande œuvre durable et profonde s’est accomplie dans les cœurs.

Il nous expliqua ensuite ce passage de Jean 12 v.24 : « Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meure, il porte beaucoup de fruit. », commentant le fait qu’à la croix, il ne resta que quelques fidèles : Jean, à qui il confia la charge de sa mère terrestre, et les trois Marie. Les autres disciples et les milliers d’anonymes qui ont vu ou bénéficié des miracles brillaient par leur absence…
Mais après la mort de Jésus, 120 personnes sont présentes dans la chambre haute. Puis, elles seront 3000 personnes à la Pentecôte à se repentir pour devenir témoins du Sauveur ressuscité. Si le grain (…) meure (…) il porte beaucoup de fruit.

Une autre expérience marqua fort mon esprit : de belles balades dans la montagne. J’ai le souvenir d’un pique-nique en face du glacier des Bossons par beau temps, un régal pour les yeux, une merveille pour le cœur, et les poumons. Une autre fois, on nous conduisit à Annecy je crois, participer à une mission sous tente, dans l’après-midi. Une foule assez nombreuse participait à cette réunion (il est vrai que nous étions près de 60 jeunes). L’orateur était le professeur André Lamorte que, malgré son nom, je trouvai vivant et intéressant.
Il débuta sa conférence par une question surprenante dans le but de mieux cerner son auditoire:
– Quels sont les jeunes de moins de 15ans ? de moins de 30 ans ? quelle est la proportion d’étudiants ? d’ouvriers manuels ? Je vais adapter ma conférence en fonction de vos réponses.

Il nous parla de la Bible bien sûr, dont il avait écrit un ouvrage bien documenté et aussi des manuscrits de la Mer Morte, découverts à partir de 1947 par un jeune berger arabe à la recherche d’une brebis tombée dans une grotte à Qumran. S’y trouvait des jarres contenant des manuscrits de la Bible, dont les plus anciens remontent au 3e siècle avant Jésus-Christ, ce qui ne manqua pas de m’interpeller, puisque ces textes conservés – ou plutôt cachés pour éviter leur destruction par l’envahisseur romain en 70 après Jésus-Christ – sont identiques à ceux que nous trouvons dans nos bibles modernes. Quelle livre, la Bible !

Mais d’autres surprises m’attendaient encore dans ce camp…

 

-André

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