Dans les Alpes (2) : Fragiles et vulnérables

Ah, que c’est beau les Alpes en été, j’avais envie de sauter comme un chamois ! Quelques fois nous partions pour une belle balade mais nous nous arrêtions dans un pré, sous un arbre, pour une étude biblique. Je râlais intérieurement. Quel dommage de faire une pause, on aurait pu monter plus loin, plus haut.

Nous avons eu une étude pendant 5 ou 6 jours d’affilée sur Romains 12 v.1 : « Je vous exhorte DONC, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, sain, agréable à Dieu, ce que sera de votre part un culte raisonnable. »
Nous avons eu droit à au moins 3 études sur le mot DONC. En toute honnêteté, ça me « gavait ». Cette étude de la parole était sans doute fort intéressante (Romains 12 est maintenant un de mes textes préférés, tant il est d’une si profonde richesse) mais à l’époque le « donc » me restait à travers la gorge !

Au cours de l’une de nos promenades, un détail m’a fait longuement réfléchir.
Arrivés à un endroit de neige éternelle, il nous fallait sauter au travers de profondes crevasses. Le sol enneigé était glissant, les crevasses fort profondes et tout au fond, nous entendions gronder comme un torrent.
Waouh, pensais-je, comme nous sommes fragiles et vulnérables ! Si je glisse et tombe dans cette crevasse (qui à mon avis mesurait au moins 10 m de profondeur) où me retrouvera-t-on ? J’avais lu cette histoire de Pierre Bellemare dans laquelle un alpiniste pourtant chevronné avait glissé, était tombé et malgré les recherches, demeurait introuvable. On l’avait retrouvé 30 ans plus tard, le pied coincé dans un rocher, très loin de l’endroit de sa chute… Mon André, réfléchis ! Tu es à une seconde ou deux de l’éternité et l’éternité est longue quand on est du mauvais côté.
Cette histoire et la vision de cette crevasse m’avaient fort interpellé. – Ce n’est pas la peine de faire le malin, tu n’es pas grand-chose et tu n’emporteras rien. Sain raisonnement sur la fragilité de la vie et très impressionnante leçon d’humilité quand on se compare à la grandeur imposante des montagnes neigeuses, des pics et des lacs. Vraiment Seigneur, je ne suis rien…
1 Corinthiens 4 v.7 : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu, et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? »

Un jour, au moment du départ d’une excursion, il se met à pleuvoir des cordes. Quelle plaie ! Qu’allons-nous faire ? Aucune activité n’a vraiment été prévue. Deux faits marquants pour moi, marquent cette journée.
Quelques jeunes décident de chanter. Nous avons avec nous Charles Roda, qui compose des cantiques d’évangélisation pour jeunes. Il en a un en chantier et se fait aider par d’autres qui l’accompagnent à la guitare pour peaufiner le chant. Je me rappelle quelques paroles :
« Moi j’ai trouvé le vrai chemin qui mène au ciel, ce n’est pas un boulevard avec des bancs pour s’asseoir ou pour se reposer quand on est fatigué […] ». Le chant parle ensuite de Jésus le vrai chemin qui mène au ciel.

Durant cette mémorable journée, le pasteur Johnson s’approche de moi et me demande :
– Depuis combien de temps êtes-vous converti ?
Aïe … j’ai du mal à comprendre le mot « converti ». Pour moi, c’est changer de religion. On se converti à l’islam, au bouddhisme ou à autre chose ; moi je suis toujours resté fidèle à celle que ma mère m’a donné à ma naissance. Je pressens qu’il y a autre chose que je saisis mal, mais l’orgueil m’empêche d’avoir une discussion à ce sujet, d’ailleurs pour l’éviter, je réponds :
– Ça fait longtemps…

Dans son célèbre journal, Anne Franck écrivait : « Tant que l’humanité entière n’aura pas subi une grande métamorphose, la guerre fera rage. ».
Dans la Bible, Saul de Tarse était un religieux extrémiste, un farouche persécuteur des disciples du Christ. Il ne cessait de les menacer, avec comme seule idée de les exterminer. Il a d’ailleurs approuvé le meurtre d’Etienne, le 1er martyr chrétien (Actes 22 v.20) mais curieusement, Jésus l’a rencontré sur le chemin de Damas (Actes 9 v.4-6):

Tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d’effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire.

Qui ferait le malin devant Jésus, le ressuscité, glorieux, Seigneur des Seigneurs ?
A partir de là, sa vie fut complètement bouleversée, transformée, métamorphosée. Il n’a pas changé de religion, il a seulement accepté Jésus le Messie comme le Seigneur et le Sauveur de sa vie, ce que la bible appelle « naitre de nouveau », devenir une nouvelle créature. Son nom a été changé, devenant l’apôtre Paul, proclamant à présent la foi en Jésus, cette foi qu’il s’efforçait jusqu’alors de détruire. Quel changement !
S’adressant aux chrétiens de la ville de Philippes, il leur dira : « Mes frères bien-aimés, et très chers frères » (Philippiens 4 v.1) et : « Dieu sait que je dis la vérité, je vous chéris tous avec la tendresse de Jésus-Christ » (Philippiens 1 v.8).

 

-André