Dans les Alpes (3) : né d’en haut

A l’instant où je m’apprête à écrire la suite de ma rencontre personnelle avec le Christ, je reçois le journal « L’Appel de Minuit » de juin 2020, d’où j’extraits la citation de Medhi, le fils d’une famille noble marocaine, venu faire des études d’ingénieur en informatique en France. Il raconte l’opulence de sa famille : « Mes vêtements sales, à deux reprises, je les ai jetés pour en acheter de nouveaux. Je mangeais toujours quelque part à l’extérieur, sans me soucier des dépenses et rentrais chaque week-end au Maroc […] ». Il nous raconte comment Christ l’a sauvé et ajoute : « Pour rien au monde je n’échangerais ma position avec ce que possédais et ce dont je jouissais à l’époque. Aujourd’hui j’appartiens à la véritable famille royale. Je suis un enfant de tous les rois et au-dessus de moi se trouve le sang le plus précieux du monde, le sang qui a été versé à Golgotha. Aucun argent au monde ne peut acheter le prix élevé que Jésus a payé par son sang à la croix pour nous. Personne n’est à même d’acquérir la vie éternelle avec de l’argent. De même, la famille royale ne peut pas avec tous ses liens acheter le bonheur éternel. Rien de ce qui existe sur cette terre n’a le pouvoir d’offrir la paix que j’ai reçue lorsque Jésus est venu dans ma vie – cette paix qui m’a été offerte grâce à Sa miséricorde. »

Cette journée de pluie dans les Alpes ensoleilla ma vie. Il fut organisé une rencontre où je ne me sentis pas très à l’aise. À la fin de cette réunion, il y eut un appel à offrir sa vie à Christ :
– Dieu vous appelle, levez votre main, dit le pasteur Peter. Je prierai pour vous !
Je ressentais profondément cet appel dans mon cœur mais je raisonnais ainsi : « Si je lève la main, que va dire mon copain Amar qui me prend pour un chrétien authentique ? Et surtout, que va dire le pasteur Johnson, à qui j’ai dit que j’étais converti depuis longtemps … ? »
Quelle dualité dans mon cœur, quel combat !  Je devais lutter entre le « qu’en dira-t-on » (Amar, pasteur Johnson) et le « qu’en dira-t-il » (Christ qui m’appelait) ». Alors, discrètement, presque malgré moi, je levai la main dans l’espoir de n’être aperçu par personne, si possible – mais le pasteur Peter dit d’une voix forte :
– Je vous ai vu, je prierai pour vous !
Ouf ! À la fin de la réunion, personne ne me posa de questions. Ouf, ouf !!!! Amar n’avait pas dû voir ma main levée… Je soufflai après avoir beaucoup transpiré.

Le soir, une éclaircie. Les responsables nous proposent une belle balade nocturne. Amar me suit comme son ombre et un jeune allemand au français hésitant nous accompagne sur ces chemins de montagne relativement étroits. Le ciel est clair, il y a de nombreuses étoiles, l’air sent bon l’herbe et les fleurs mouillées, je suis entouré d’amis – la vie est belle ! « Pourvu que ça dure » comme disait la maman de Napoléon …
Tout à coup Amar nous dit :
– J’ai écouté attentivement ce qui a été dit et je trouve qu’il n’y a pas de grandes différences avec l’Islam. Vous croyez en un seul Dieu, nous aussi. Vous êtes invités à faire le bien, chez nous aussi !
Conciliant, je réponds : – Oui, c’est vrai !
Style « Si tous les gars du monde se tenaient la main et formaient une ronde […] ».

Mais notre camarade allemand arrête ma litanie anesthésiante:
– Il n’y aucun point de comparaison car il y a Jésus-Christ !
Là, je suis un peu fâché intérieurement car je pense : – Oh la la, il va me faire fâcher avec mon ami !
Mais le bureau des réclamations est vite fermé, il reprend :
– Je vais vous réciter un verset de la Bible, c’est Jean 3 v.16 et je vous invite à mettre vous prénom à la place de ‘’monde ‘’ et de ‘’quiconque ‘’.
Je me défâche vite et joue le jeu : « Dieu a tant aimé André qu’Il a donné son Fils unique afin que si André croit en lui, il ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » et curieusement, pendant que je récite mentalement ce verset, il m’apparait en lettres de feu, comme au fluo devant mes yeux : DIEU A TANT AIME ANDRE […] Surpris, je vois ma vie qui défile comme un film devant mes yeux, ce n’est pas glorieux, c’est laid, c’est terrible, affolant … Alors je laisse mes deux amis et m’enfuis en retour vers le camp. J’ai un impétueux besoin d’être seul, seul avec Dieu.

J’arrive en courant au camp, la porte est ouverte. Je me jette à genoux près de mon lit et j’ai soudain honte. Honte de mes impuretés, de mes souillures qui ont conduit Jésus à mourir sur la croix (Le salaire du péché c’est la mort – Romains 6 v.23) alors je pleure, pleure, pleure… Une vanne s’est ouverte.
À travers mes larmes, je crie : « Seigneur, je suis perdu … » et là, surprise, il y a comme la main d’un ami sur mes épaules et cet AMI véritable me dit:
– Enfin te voilà ! Depuis si longtemps je t’attends !

Et là, Il me montre toutes les fois où Il m’a appelé, ce qui provoque encore en moi des pleurs et des « je suis perdu » et là, avec la douceur d’un père et la meilleure pédagogie, il me dit : – Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu (Luc 19 v.10). Immédiatement, un poids énorme tombe comme de mes épaules et mes pleurs se changent en larmes de joie. J’avais envie de sauter, de danser, j’étais léger comme un ballon qui s’envole – et je compris ce crie de joie de Blaise Pascal (retrouvé un jour dans la doublure de sa veste) : « Pleurs, pleurs de joie, en ce jour, j’ai rencontré Jésus-Christ ! ».
Cette vie nouvelle fit de moi un homme nouveau, né d’en haut.

 

-André