DE SOLO A DUO (5)

Chose promise, chose due, Simone tient la promesse de m’envoyer le catalogue édité par son Église pour les prêts gratuits de films fixes et de flanellographes avec des livrets de leçons pour enfants en fonction de leur âge. Super ! J’étudie tout cela, je fais une commande de ce qui me paraît intéressant compte tenu des enfants susceptibles d’assister au culte du mercredi.

Bien sûr, au passage, je glisse amicalement quelques nouvelles de l’œuvre à Chaumont qui progresse doucement mais sûrement, me semble-t-il…

A l’époque de mes commencements dans le service, Maurice, un excellent ami de l’Institut Biblique, commençait aussi une ouvre pionnière dans un arrondissement parisien pauvre en témoignage chrétien. J’ai beaucoup apprécié ce camarade qui est mon aîné de quelques années, discret, sérieux, attentif, et à l’écoute de Dieu. Nous avons tout de suite sympathisé et partagé ensemble les préoccupations de mon cœur au Seigneur. Nous nous retrouvions périodiquement au grenier de notre Institut, aux heures libres, assis sur des ballots de papier pour apporter dans la prière nos camarades les plus faibles. A nos yeux en tout cas car en connaissions-nous des forts ? Étions-nous des « forts » ? L’apôtre Paul dira : « Ma puissance (celle de Dieu) s’accomplit dans ma faiblesse et quand je suis faible, c’est alors que je suis fort (2 Corinthiens 12 verset 9b)
Prière aussi pour nos enseignants (souvent d’origine étrangère, au français hésitant) et les problèmes de vie rencontrés dans la Communauté : soixante-six élèves, trois cycles, deux langues d’étude (français, anglais) et des étudiants de dix-sept nationalités originaires des cinq continents, me semble-t-il. Une très grande richesse mais qui n’allait pas sans quelques difficultés pour s’adapter à des mentalités et éducations fort différentes !

J’ai vraiment aimé cette diversité. Je me rappelle avoir fait du porte-à-porte à Tavannes en Suisse, avec une étudiante japonaise qui a fait l’exploit de rester une année scolaire complète à l’Institut Biblique en section anglaise sans jamais « speaker » un mot de français. Nous invitions les gens pour de grandes réunions bibliques. Il n’y a que moi qui parlais…Mais sa couleur de peau, ses yeux bridés et son sourire oriental ouvrait bien des portes « curieuses » à défaut des cœurs…

Maurice m’envoyait chaque mois une circulaire sur son travail pastoral à Paris et je dois reconnaître qu’il avait un vrai cœur de berger… Je me sentais un peu complexé à la lecture de ses circulaires.
« Nous sommes quinze » ! Mince, déjà ! Ici, nous n’avons qu’une âme de plus… Et encore à mes yeux, si fragile ! Et le mois suivant « Nous sommes vingt » ; Et une année plus tard, « Nous sommes trente-cinq » ; Waouh ! Mais comment fait-il ? Nous avons trois nouveaux, mais un plus ancien nous a quitté, bien découragé malgré mes prières et mes larmes devant le Seigneur, mon Amour de Christ pour lui, mes encouragements. Parfois, ce n’est qu’un départ momentané comme le fils prodigue de la parabole : après être repu de tous les plaisirs qu’offre le monde, il revient penaud, affamé et repentant à Christ et à l’Église qui l’accueille à bras ouverts et le cœur rempli de joie. Il y a plus de joie dans le Ciel pour un seul pécheur qui se repend, que pour quatre-vingt -dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance (Luc 15 verset 7).

Plus tard, Maurice est devenu coordinateur national pour de grandes campagnes d’évangélisation. Il essayait d’unir les Églises d’une même ville et il tourna à cet effet sur toute la France… Et son Église pionnière à Paris ? Je n’en ai plus entendu parler. Par la suite, il devint directeur d’un centre financier en Cévennes.

Cher Maurice, je t’ai retrouvé il y a peu, et tu m’as partagé qu’ayant ouvert une petite œuvre dans une ville du Sud-Ouest, à plus de quatre-vingt ans, tu cherchais un « repreneur ». Quand nous nous sommes rencontrés de nouveau l’année suivante, les plans que tu avais prévus n’avaient pas abouti et tu cherchais encore… Mais ce qui m’a plu, c’est quand tu m’as proposé : – Viens avec moi à l’écart, comme au temps jadis, nous allons prier ensemble.
Ce fut riche et réconfortant. Que Dieu t’accompagne, mon vieux compagnon de service. Pour le Maître, ce ne fut pas si facile… Mais après tout pas si difficile car c’est l’œuvre de Dieu et il est fidèle…

Ma petite fille m’a écrit ce matin « J’ai lu De solo à duo 1, 2, et 3 et j’attends impatiemment la suite… ». Tu vas être déçue mais ça vient, patience ma petite fille, je t’aime. Je me laisse conduire pour instruire et encourager. Je veux être la voix de mon Maître…

– André