Une enfant donnée par DIEU

Un des combats les plus rudes que j’ai dû mener, mais pas seul, accompagné du Seigneur, fut celui de la guérison de ma fille aînée.

Lors de sa naissance, j’étais rempli de Joie. Enfin un bébé, attendu après deux ans et trois mois de mariage. Je n’étais pas tout jeune lors de mon mariage (trente et un an et demi) et mon épouse aspirait à avoir un enfant rapidement (elle avait cinq ans de moins que moi !).
Chaque matin, c’était pour elle une très profonde déception et elle me demandait avec insistance: « André, s’il te plaît, prie ». Pour lui faire plaisir, je le faisais avec elle, mais sans la foi qui est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas (Hébreux chapitre 11 verset 1). Les paroles de mes prières étaient spirituellement « belles » et « correctes » mais la conviction n’y était pas.

Il me semble que nous avions besoin de nous connaître, de nous découvrir, de nous apprécier. Car le temps des fiançailles nous avait laissé peu d’occasion de nous retrouver seul à seule, de partager, d’envisager l’avenir…
Chaque mois, c’était le même processus navrant :

– André, prie !
-D’accord, prions !

Mais je savais que mon cœur n’était pas engagé et que mes paroles n’allaient pas plus haut que le plafond. Les mois ont passé. Seize, dix-sept, dix-huit… Même scénario, même déception de Simone, mêmes paroles sans conviction de son mari….

Nous voici début janvier 1974… dix-huit mois de mariage et toujours rien de nouveau sous le soleil d’hiver. Une dame fréquentant nouvellement l’Église me demande de venir la visiter, occasion de présenter mes bons vœux et faire connaissance avec son mari ouvrier, pas hostile à la foi mais inconverti et qui n’a jamais assisté à une réunion. Cette famille a quatre enfants sympathiques, entre cinq et seize ans. Sous les regards du mari qui m’observe, me jauge, me scrute, pour savoir « où sa femme met les pieds », cette dernière me pose de multiples questions relatives à l’éducation des enfants. « Comment faire quand ils se battent ? Que faire pour qu’ils obéissent ? Pour qu’ils s’entendent malgré la différence d’âge ? ».

Mes connaissances pédagogiques sont pratiquement nulles. Il y a une quinzaine d’années, j’avais bien parcouru « L’éducation des enfants » du Docteur Spock considéré comme « la bible de l’éducation des enfants » (je l’avais acheté en voyant ce titre accrocheur !) mais voilà, le Dr Spock était devenu grand-père et revenait à présent sur certains de ses enseignements qu’il trouvait désormais un peu laxistes…

Désarmé faute d’expérience, je rentre un peu dépité à la maison et trouve Simone endormie. Je ressens profondément depuis notre mariage, le besoin de prier avec grande conviction pour la naissance d’un bébé.

Cette conviction est née en regardant le tableau pyrogravé accroché sur le côté du mur où se logeait notre lit. C’était un merveilleux cadeau de mariage offert par un cher ami, Marcel Vernier. Cette plaque de bois se trouve encore quarante-huit ans plus tard dans notre salon. Y sont inscrits les paroles du Psaume 34 verset 11 « Ceux qui cherchent l’Éternel ne sont privés d’aucun bien ». Nous avions, Simone et moi, choisi ensemble ce passage comme un mot d’ordre, un socle sur lequel nous avions la ferme intention de bâtir notre vie. Le chercher, Le consulter, obtenir réponse à nos interrogations, Lui obéir. Nous ne voulions pas que Dieu soit le pompier de service vers qui l’on se tourne seulement quand il y a l’incendie de nos problèmes, « Allô Papa bobo »., ou comme disait mon papa « Après la fête, adieu le Saint ».

Avec ce verset pyrogravé, Marcel Vernier avait eu l’idée géniale de dessiner de magnifiques fleurs de lys de couleur blanc-rosé, peintes avec talent. Mais oh, bizarre, alors que ce cadre est accroché là depuis dix-huit mois et que je relis ce texte pour qu’il s’imprime fortement dans mon cœur, je n’avais jamais remarqué qu’en-dessous des deux fleurs bien épanouies, était dessiné un petit bouton qui ne demandait qu’à s’ouvrir. Et là, à genoux, la voix de Dieu se fait entendre d’une manière très claire : « Tout ce que tu demanderas en mon Nom, je le ferai afin que le Père soit Glorifié dans le Fils. » (Jean 14 verset 31).

Animé de cette conviction, mes paroles (prononcées à voix basse pour ne pas réveiller mon épouse qui travaillait le lendemain) n’étaient ni des clichés, ni de belles phrases creuses mais celle de la foi qui transporte des montagnes (Mattieu 17 verset 20).

Je n’ai, hélas, pas noté la date exacte de cette expérience. Je sais seulement que c’était début janvier, vers le sept ou le huit, et faites vous-mêmes le calcul : notre fille première née est venue au monde le 10 octobre. L’enfant donné par Dieu.

 

– André

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