Un secours qui ne manque jamais

Ma fille a grandi, c’est une ado maintenant. Nous avons une excellente communion. Dans les limites de ses possibilités, elle m’accompagne et fait, comme mes deux autres enfants, la joie de mon cœur.

Elle est à l’image de la famille, un peu boulotte et il arrive qu’elle subisse quelquefois des quolibets désagréables, « la grosse » … Je veille cependant à réprimer ce genre de réflexions, du moins à la maison.

Il arrive, et je vois cela d’un bon œil, que ma fille soit en contact avec deux sœurs de l’assemblée, deux jeunes sœurs mères de famille qui, je pense, peuvent lui donner de bons conseils.

De quoi parlent-elles ? J’ai aperçu que l’une d’elles lui parlait de calories dans les aliments. Cela ne pourra lui faire que du bien pour équilibrer son alimentation. Si j’avais su !!! Je n’avais même jamais entendu le mot ANOREXIE. Anorexie, what is it ? Anorexie MENTALE. Vous avez dit mentale ? Impossible chez nous, nous sommes équilibrés, nous avons le cœur au Ciel mais les pieds bien sur terre. Réglos, pas du tout mystiques ; simplement confiants en Dieu et en Sa Parole, vécue, appréciée, expérimentée. Dieu l’a dit, on le croit, on le vit. Notre Foi est réfléchie, j’allais écrire rationnelle, mais il est vrai que la Foi pour nous, supplante la raison. Quitter un travail prometteur et valorisant pour faire un saut dans l’inconnu, est-ce bien raisonnable ? Et pourtant, outre la Joie d’être utile, ai-je manqué quelque chose ?

Ça me rappelle la visite que j’ai faite chez un ami qui me présentait sa nouvelle maison. Après avoir visité les pièces, il nous a dit « En plus, nous avons une cave ; un seul problème, il n’y a pas d’escalier, j’en ferai monter un. Allez-y, ce n’est pas haut, s’il y a un problème je vous aiderai à remonter. ». Il descend le premier, la cave fait peut-être deux mètres de profondeur. Je saute prudemment, apercevant sa chevelure dans la pénombre… Bon ! Comment vais-je remonter ? Sa dernière fille, Sarah, l’appelle du couloir

– Papa, je veux aller avec vous, mais je ne vous vois pas, j’ai peur !

-Eh bien, ma chérie, saute, n’aie pas peur, je te vois et je te rattrape. »

Et c’est ce qui se passe. Confiante, elle saute et les bras de son cher papa étaient là, puissamment tendus pour la réceptionner et la reposer délicatement à terre ! Belle image pour moi de la Foi confiante en réponse à l’appel d’amour de mon sauveur.

Cathy fait désormais très attention à sa nourriture : une tranche de pain, tant de calories ; quatre cuillères de riz, tant ; une part de tarte, ouyouyouille !!! Trois chiffres ? A éviter ! Etc. etc.
Il y a des gens qui calculent sans compter (leur temps, leur énergie). Et d’autres qui, comme ma fille, comptent les calories, la perte de poids…
Je suis un jour invité chez une dame dont je me suis occupé des deux gamins, d’origine alsacienne.
– Je vous ferai une tarte à l’oignon !
Chic ! Selon la formule « Alsacien pour du bon ! » (excusez-moi, il manque le « accent »).
Elle est gentille. Et sur la table, quatre assiettes : son mari, ses deux enfants … Et moi :

– Tiens, vous ne mangez pas ?
– Non, je fais régime et supprime le repas du soir.

Je me dis : – Bizarre, elle me paraît déjà plate comme une planche à pain…

Le mois suivant : – Ça vous a plu ? (c’est bien vrai ça). Alors je vous réinvite pour le même plat !
Ah, tiens, il y a cinq assiettes…

– Vous mangez avec nous cette fois-ci ?
– Oui, après m’être privée de repas du soir pendant un mois, je n’ai perdu que cent grammes… »

Chère Madame, si vous me l’aviez demandé, je vous l’aurais dit : chez vous, rien à perdre !

Les jours, les semaines, les mois passent…Ma fille fait attention à ce qu’elle mange, elle a sans doute perdu du poids, ça ne peut lui faire que du bien, à son âge la surcharge pondérale n’est pas bonne. Tu as raison, ma fille, sois sage.

C’est drôle, mais quand on vit matin, midi, et soir avec une personne, on ne se rend pas parfaitement compte du terrible danger qui se trame devant vos yeux, on ne voit rien de spécial. « Ça ne peut lui faire que du bien !».

Et, tout-à-coup, la vérité éclate…Une des braves « conseillères » de régimes amaigrissants vantés pour donner un corps de princesse, de poupée Barbie, vient me trouver :
– Frère, il faut que vous fassiez quelque chose !
Pour ma fille, je suis prêt à faire n’importe quoi. Rien ne m’arrêtera, j’irai jusqu’au bout, je ferai tous les sacrifices qu’il faudra… Mais justement, que faire pour ne pas faire n’importe quoi ? Que dois-je entreprendre ? Que dire ? Dois-je utiliser la « morale » ? Les « T’aurais dû » ? Les « Faut qu’on » ? Les « y a qu’à » ?

Quel dilemme pour le cœur des parents que nous sommes, ni préparés, ni même conscients du problème et ne sachant que faire ?

Heureusement pour nous, nous sommes chrétiens. Dieu, lui, n’est pas dépassé (comme nous!) par les circonstances, il a la situation en mains. Please, Lord help us ! Il va nous aider.

 

Dieu est pour vous un refuge, un secours qui ne manque jamais dans la détresse…
Psaume 46 verset 2

 

André