DE SOLO A DUO (10)

Avant le mariage, j’ai dû affronter une petite épreuve. C’est amusant, mais ce matin une de mes lectures (de Bob Gass) disait « Passez le torrent de la douleur, il y a du profit sur l’autre rive. ».

Préoccupé à agir pour le mieux…. Enseigner la Parole avec le profond désir que ceux qui l’entendent puissent se donner au Seigneur. C’est Moody l’évangéliste américain (1837-1899) qui s’adressant à son auditoire leur dit : « Je vous donne huit jours pour réfléchir et confier votre vie à Christ. ».
Mais dans l’intervalle de ces huit jours, se produisit le terrible incendie de Chicago qui se solda par des centaines de morts.
Moody a dit alors : « J’inviterai désormais mon auditoire à prendre une décision pour Christ aujourd’hui même, car l’avenir ne nous appartient pas. »
Hébreux 4 v 7: « Dieu fixe de nouveau un jour : AUJOURD’HUI », citant  le passage du Psaume 95 v7 e t8 « Aujourd’hui si vous entendez sa Voix, n’endurcissez pas votre cœur. »

 

Exhorter, encourager, veiller sur ma propre vie, être un modèle car j’avais compris que je devais veiller sur l’âme de la poignée de croyants que Dieu m’avait confiée et dont je devrais un jour rendre compte. Hébreux 13 v 17. Il n’est pas si facile d’être « un modèle pour les fidèles, en parole, en amour, en foi, en pureté. » (1 Timothée 4 v 12). Combien j’avais besoin du Seigneur, de nourrir mon âme de sa Parole, de cultiver la Joie de sa Présence, d’être sensible à son Esprit pour connaître ses plans, ses directives, m’humilier face à mes erreurs, demander sa Sagesse. J’avais compris que je n’avais qu’une vie, qu’elle ne m’appartenait pas : « Vous ne vous appartenez point à vous-mêmes… votre corps et votre esprit appartiennent à Dieu, ayant été rachetés à un très grand prix. » (1 Corinthiens 6 v 19 et 20).

A ces préoccupations normales que doit ressentir tout serviteur de Dieu, le pasteur allemand Adolphe Stroh, (qui se faisait appeler Ado vous devinez pourquoi) disait avant chacune de ses prédications « C’est pour moi un redoutable privilège d’ouvrir maintenant la Parole de Dieu »…

S’ajoutait aussi celui de la préparation de mon mariage. Je me sentais totalement novice, loin de la famille, et je n’avais pas même le téléphone pour demander conseils… J’avais aussi les préoccupations domestiques comme tout célibataire qui vit seul, loin des proches…

Un jeudi après le club d’enfants du matin, c’est l’heure de préparer mon repas. Tout à l’heure, deux ou trois personnes vont venir distribuer des invitations avec moi… Je suis dans ma cuisine. Tout à coup, la tête me tourne, j’ai une grande envie de vomir. Pourtant, je n’ai rien mangé depuis le matin et l’évier reçoit une très grosse éclaboussure de sang. Je n’ai pas de réelle douleur, mais du coton dans les jambes et je me traîne jusqu’à mon lit. Dormir, dormir, dormir, dormir… J’aurais aimé prier… Impossible ! Dormir, dormir. Que ce serait-il passé si cet incident s’était passé un autre jour que le jeudi, seul jour où je recevais du monde ? Dieu le savait, n’est-ce pas ?

Un peu avant 14h00, une jeune fille, nouvelle à l’assemblée, vient donner des invitations. J’ai heureusement eu la bonne idée de ne pas fermer ma porte à clé, elle monte et me trouve comateux. Lilou, qui fait ses études à l’École Normale, arrive également et téléphone à son papa, le pasteur Kennel. Occupé par le club d’enfants de son église, il ne pourra venir que vers 17h (il habite à 80 km de Chaumont). Les deux jeunes filles ont à faire et me laissent seul. Tant mieux, dormir, dormir. A 17h, le frère Kennel fait venir un médecin qui me fait une piqûre pour que je sois transportable. Il a mis un matelas dans sa voiture familiale, me ramène chez lui, veillera à s’occuper des réunions…Et me voilà chez un radiologue à Saint Dizier. Après examen, il me convoque, me montre les radios et me donne son diagnostic :

– C’est un ulcère à l’estomac qui a éclaté. Je vais vous donner des calmants contre la douleur.
– Mais Docteur, je n’ai aucune douleur.
– Ce n’est pas possible, voyez la plaie. Le suc gastrique, c’est comme du vinaigre sur une plaie, Vous ne pouvez pas ne pas avoir mal !
– Pourtant je n’ai aucune douleur

Il me scrute, dubitatif, puis son visage s’éclaire :
– Ah, c’est vrai, c’est le Pasteur qui vous a amené, je comprends. Dans ce cas, je vais simplement vous donner des fortifiants car vous avez perdu beaucoup de sang ! ».
Averti que je n’ai pas de sécurité sociale, il m’offre un gros paquet d’échantillons. Je suis gâté… Je passe 15 jours, je crois, à Saint Dizier. Un coq en pâte… Simone vient me visiter… C’est l’Amérique, merci Seigneur !

 

– André