Fontaine, je ne boirai pas de ton eau

J’ai essayé depuis ma conversion à Christ en 1963, de motiver chacun, de former une équipe, et de l’entraîner en étant avec eux.

Il est rapporté que pendant la guerre du Kippour, beaucoup plus d’officiers israéliens sont morts au combat que d’officiers égyptiens. Car les premiers disaient « Suivez-moi » (et ils partaient en tête) tandis que les seconds disaient « Allez-y, en avant »
Retenant la leçon, très vite, dès que ce fut possible, je motivais les chrétiens à témoigner, utilisant toutes les bonnes volontés, et me joignant à eux. Allons-y !

C’est ainsi qu’un jeudi après-midi, nous nous retrouvons à six : quatre ados sans grande expérience spirituelle, une maman convertie, et moi. En avant, pour évangéliser un grand immeuble à la sortie de la ville, appelé « Le haut des vignes ». Trois équipes, dont deux avec un adulte, et une avec des ados sans grande connaissance du Christ. Ils sont là, que Dieu bénisse le travail pour lui.

 

L’entrée n’est pas difficile au « haut des vignes ». A la première sonnette, la porte s’ouvre. Nous commençons par le haut : chaque équipe, un étage. « – Si vous avez des problèmes, venez me voir ». Chic, j’ai un bon contact avec une jeune femme ouverte. Je lui donne un évangile et me retrouve nez-à-nez avec un homme agressif, menaçant :
– C’est un immeuble privé, vous n’aviez pas le droit de rentrer, si vous ne quittez pas les lieux immédiatement, j’appelle la police
Voulant éviter tout problème, je prie ce concierge d’excuser notre ignorance (il me dit que c’était écrit au rez-de-chaussée, mais j’avoue n’avoir rien vu). Je vais trouver les deux autres équipes et leur demande de quitter les lieux.
– Dommage, j’avais un bon contact, me dit la sœur.
Ceci expliquant sans doute cela, et afin que personne ne se décourage, je prie fortement dans mon cœur que Dieu nous dirige vers un endroit favorable. J’ai confiance en cette promesse : « Quand un malheureux crie, L’Éternel entend et il le sauve de toutes ses détresses » (Psaume 34 v 7).
Et nous sommes conduits à nous diriger à quelques centaines de mètres de là, vers de petits immeubles que nous n’avons jamais visités. La tactique est la même (à chaque équipe, un étage) les consignes également : « Si vous avez un problème, venez me voir. »
J’ai un mini contact avec une personne, lorsque le plus grand de notre équipe vient me trouver :
– Peux-tu venir ? Il y a une dame qui a ouvert sa porte, nous l’avons invitée aux réunions, nous ne savons plus que lui dire et elle n’a toujours pas fermé la porte.

Effectivement, il y a là une maman de quatre enfants installée à Chaumont depuis un mois à cause du travail de son mari. Elle me dit :
– Je veux bien vous confier mes gosses pour le club d’enfants du jeudi (à l’époque !) si vous l’acceptez. Ne connaissant personne encore ici, je serais contente de visiter votre épouse.
Ce fut pour moi une délicieuse « corvée » d’aller chercher chaque jeudi ces quatre enfants, sages dans l’ensemble et fort sympathiques. Et tenant promesse, chaque samedi après-midi, Monique H. rendait visite à ma jeune épouse pour partager des banalités : – Je rentre du marché, je viens d’acheter deux chemises à mon mari. Comment les trouvez-vous ? Et pas chères. »

Je plaignais Simone… Institutrice, elle n’avait que le jeudi comme jour de congé, mais l’après-midi, il y avait club d’enfants et le dimanche. Mais ce jour-là, il y avait deux réunions. Et le samedi après-midi où Monique avait pris des abonnements hebdomadaires et « plantait la tente »une heure, une heure et demi, deux heures… Cela lui laissait peu de loisirs et peu de temps pour le repassage, la lessive, les préparations scolaires. En prime, lorsque Monique s’en allait (enfin) s’était pour lancer : « De toute façon, je vous aime bien, mais je ne viendrai jamais à une réunion, c’est bon pour les gosses, cela les occupe mais moi, je n’en ai pas besoin ».

 

Ce manège (un peu décourageant n’est-ce-pas ?) dure quatre, cinq, six mois peut-être. Mais un jour Monique arrive bouleversée.
– Mon mari a voulu retourner à Dijon ! Il m’a dit je vais chercher du travail là-bas, un logement, et je viens vous chercher. Mais, depuis, plus de nouvelles ! Les allocations familiales me menacent de supprimer leurs prestations car ils n’ont plus de nouvelles de lui et moi non plus…
Que faire ? Je l’ai bien sûr encouragée à chercher le Seigneur et invitée à venir écouter l’Évangile ce qu’elle fait…La police finit par retrouver le mari volage, parti rejoindre une de ses anciennes petites amies avec laquelle il avait eu un enfant avant de connaître Monique ; Celle-ci tint promesse, vint aux réunions, se donna à Christ, elle et Corinne, l’aînée de ses filles.

 

« Dieu est pour nous un refuge et un appui qui ne manque jamais dans la détresse. »
Psaume 46 v 2

Ne vous découragez jamais, Dieu agit.

– André

 

André