Évangélisation dans le train

Après ma rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus, huit mois environ après mon retour en Algérie, je n’avais toujours pas de véhicule. J’avais sagement fait convertir mon permis militaire en permis civil dès ma reprise dans la vie active, mon patron ayant tenu sa promesse de me garder la même place dans le même bureau. Mon seul moyen de locomotion était le train.

C’est ainsi qu’un jour, j’ai à cœur d’aller visiter Jean-Marie, un vieil ami du lycée qui venait d’entrer au séminaire à Nancy pour de longues études philosophiques et théologiques. Jean-Marie avait toujours été très attiré par le domaine religieux. Il m’expliquait la couleur des différents habits sacerdotaux selon les circonstances et les fêtes religieuses, ce qui, aimant la simplicité, ne captivait aucunement mon cœur, mais l’enthousiasmait vu son intérêt pour la robe traditionaliste d’époque (1964).

Je vais lui apporter une bible Segond, et me voilà dans une grande bâtisse imposante où je peux rencontrer librement ce camarade avec qui nous avions, pendant de nombreuses années, usé le fond de notre pantalon sur les bancs du collège, puis du lycée Bichat à Lunéville.

– Mon pauvre André, c’est gentil… Elle est belle mais je possède plusieurs versions de la Bible : Crampon, Jérusalem, et j’ai une Segond également. Donne-la à quelqu’un qui ne l’a pas encore…

En le quittant, je suis un peu déçu, car j’avais prié pour que cette bible fasse du bien à son lecteur…Et je la ramenais à la maison ! Pourquoi alors cette conviction ?
Dans le train du retour, tiens, mais c’est Michel, un de mes vieux camarades du lycée qui aimablement vient s’asseoir en face de moi. Je ne l’ai pas vu depuis trois ans, puisqu’ après le lycée je suis entré au Trésor Public, j’ai passé un concours et effectué presque deux ans de service militaire. Michel, fils d’enseignants d’un petit village situé à une dizaine de kilomètres de ma ville natale, est un garçon paisible et sympathique. Il était né privé de plusieurs doigts à sa main gauche me semble-t-il. Il était ouvert et j’étais heureux de le revoir… Il me pose la bonne question :

– Qu’es-tu venu faire à Nancy ?

– Je suis venu visiter Jean-Marie au séminaire, lui apporter une Bible, mais il l’avait déjà !

– Une Bible ? Mais j’en cherche une depuis un moment déjà et je serais heureux de te l’acheter si tu veux bien.

Si je voulais bien… Je comprends alors l’insistance du Seigneur : ce n’était pas pour Jean-Marie comme je l’avais supposé mais pour Michel.

Il m’a demandé mon adresse car il n’avait pas d’argent sur lui et deux jours plus tard m’a envoyé le chèque du prix de la Bible. Quel dommage que je n’avais pas à l’époque une assemblée à lui recommander. Je n’ai plus jamais revu Michel… Mais ce jour-là, je suis rentré rempli de la Joie du Seigneur. C’est à ce moment, me semble-t-il, que j’ai eu à cœur de trouver une Église dont la doctrine repose sur la Parole de Dieu et qui possède l’amour des âmes, afin d’entourer tous ceux qui sont en recherche ou qui vivent par ignorance, loin de Dieu.

 

L’apôtre Paul décrit l’Église comme la maison de Dieu (Éphésiens 2 v 19-22) au sein de laquelle les membres se développent imbriqués les uns dans les autres pour former « un Édifice » bien coordonnée afin de devenir un Temple saint dans le Seigneur… édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit.

Autrement dit, l’Église n’est pas un bâtiment mais le rassemblement, quel que soit le lieu, de tous les chrétiens qui ont donné leur vie à Christ et qui sont devenus de nouvelles créatures. Galates 6 v 15

Ce qui est quelque chose, c’est d’être une nouvelle créature. Ce n’est pas un sacrement qui fait de nous un chrétien mais un réel changement intérieur opéré par Dieu suite à la repentance et la foi. Jésus prêchant l’évangile disait : le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle (Marc 1 v 14 et 15). Croyant comme le dit le grand théologien Karl Barth, que s’il n’y a pas cette adhésion, « c’est le cancer de l’Église parce qu’on introduit dans le corps des cellules mortes ».

 

André