Amener son père au Seigneur (2)

Deux années passèrent. Les visites mensuelles bienvenues de maman véhiculée par mon frère Claude et ma futur belle-sœur étaient toujours sources de ressourcement pour le grand solitaire (non endurci !) que j’étais ! Puisque “Lagardère” ne venait pas à moi, j’allais chaque mois voir mon “Lagardère” de papa, qui ne se privait cependant pas, de m’exprimer le plaisir de me voir. J’étais accompagné toujours par de petits cadeaux qui, je savais, lui feraient plaisir, malgré les obligations limitées de ma bourse, où en souriant, je disais : « Je suis le chevalier de la bourse plate. »

Comme je l’ai écrit à notre mariage, sur le quatuor familial, seule maman participa à la cérémonie de bénédiction. Mais, étaient présents pour m’encourager, le pasteur KENNEL : mon mentor jusqu’à la fin de sa vie, sa chère épouse Lydie et leur deuxième fille Claire Lise. De somptueuses fleurs venues de mes anciens collègues de le Recette des Finances de Lunéville ; d’autre magnifiques pleines d’amour des chrétiens de Chaumont ; des cartes aussi de mes anciens collègues et des chaumontais ; et même un télégramme d’Amar, mon cher “copain” d’Algérie que j’avais quitté depuis près de 10 ans… Quelle fidélité pour celui avec qui j’avais transpiré à Tizi Ouzou, partagé la bourse, le lieu de Culte et le couscous maison à la Mission Rolland pendant six mois.

Deux, trois mois passèrent… Ce fut le mariage de mon frère Claude, qui eut lieu le jour de la rentrée des classes et pour lequel Simone ne put s’absenter. Nommée dans un petit village à classe unique à une vingtaine de kilomètres de Chaumont, chemin qu’elle accomplissait matin et soir, avalant en solo à midi, réchauffé sur le poêle à bûches, son repas qu’elle préparait la veille au soir pour elle et pour moi, qui avait au moins le privilège de le faire réchauffer sur notre gazinière…

D’ailleurs un matin, alors que mon repas préparé la veille avec amour reposait sur la gazinière dans une poêle et que paisiblement j’écrivais et étudiais sur la table de notre cuisine dans le calme, mon attention fut attirée par un petit bruit suspect de “raclure” en direction de mon repas. Et à ma surprise, une souris “trônait” au milieu de mon repas dans la poêle. Me levant précipitamment, elle s’éclipsa à grande vitesse… Je mis alors prestement un piège à souris que nous appelions “une tapette à souris” avec un petit morceau de gruyère tentant et retournai calmement aux écritures, jetant de temps à autres un regard inquisiteur vers mon repas, qu’égoïstement, je n’avais aucun désir de partager…

Dix minutes plus tard la “tapette” claquait, mais pas de souris… Ah la maligne ! N’ayant toujours pas le désir de partager, j’enlevai le bout de gruyère grignoté, brûlai la pointe où il était accroché pour enlever toute odeur humaine et remis un autre morceau de gruyère tout aussi tentant que le premier. Encore un peu de calme attente…. Et le claquement du piège me permit de contempler la dépouille de ce rongeur chapardeur. Mon épouse, ce jour-là, découvrit avec horreur des crottes de souris dans son repas et jeûna en jetant cette bonne nourriture partagée, aux ordures.

Quant à moi, je n’étais pas plus spirituel que Simone mais je me contentai de prier fortement avant de me délecter, me rappelant que dans 1 Timothée 4 v5, Paul nous dit : « Tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière ».

Quelques temps auparavant, Simone me réveilla une nuit : « André, il y a une souris dans notre chambre. » Dans la semi-inconscience de mon sommeil, j’entendis néanmoins les griffures caractéristiques d’un petit rongeur sur le linoléum. Le fait de s’assoir dans le lit, le bruit soudainement s’interrompt… puis reprend… il se rapproche de notre lit, se rapproche encore … puis plus rien. Alors que dans mon esprit “embrumé”, je me demande que faire… tout à coup, Simone bouge la main et… touche la souris qui avait réussi à grimper sur notre lit et son grand cri me réveille complétement. Je me lève, me munis d’un balai, la pièce éclairée, je tape à droite, à gauche, avec le balai sur la petite rougeur qui semble me narguer. Je suis prêt à le poursuivre toute la nuit. Vaincre (pour moi) ou mourir (pour elle) est ma devise. Et dix minutes plus tard, je peux la saisir par la queue et triomphalement la montrer à Simone, peu rassurée d’abord puis apaisée. C’est enfin pour nous deux le doux repos après un si “rude” combat. Dans la vie de tous les jours, il y a un combat contre la tentation, l’épreuve, le découragement.

Apocalypse 12v11 : « Ils (les chrétiens) l’ont vaincu (le diable) à cause du sang de l’agneau (Jésus) et de la parole de leur témoignage ». Jésus notre victoire.